La techno chinoise vous connaissez ? Nous sommes devenus adeptes malgré nous depuis notre dernière nuit à VangVieng. La ville qui résonne d’habitude aux mélopées occidentales, s’est soudain mise à vibrer sous l’assaut de basses asiatiques.
Un coup d’œil à la source sonore et l’on découvre un mini-bus transformé en boite de nuit. Un gigantesque caisson de basse serti de loupiottes bleutées remplit entièrement l’arrière du véhicule. L’heureux propriétaire doit avoir la soixantaine et fait vibrer une poignée de séniors laotiens en transe, en même temps que les murs de notre chambre. Les séniors argentés n’ont décidément rien à envier à la jeunesse dorée et pour une fois on apprécie le couvre-feu de 23h30.
Après les festivités chinoises, les montagnes russes. A 9h le lendemain matin, nous prenons place dans le minibus qui doit nous conduire à Luang Prabang à 5h de route de là. Pas de bol, nous écopons des strapontins et à chaque virage nos sièges d’infortune manquent de se replier et de nous propulser sur les cuisses de nos voisins.
Kilomètre après kilomètre, la route serpente à travers de magnifiques montagnes aux sommets phalliques posés sur la brume. L’impression d’Asie est omniprésente. Les virages se suivent, les villages défilent et les sacs plastiques se remplissent du malaise de la seule laotienne embarquée. Pendant 2 bonnes heures, nous assistons mi-amusés, mi-écœurés, à ses relents gutturaux.
Enfin, nous arrivons à Luang Prabang. L’influence française est encore ici très forte. Si peu de laotiens parlent encore français, les devantures des boutiques, des restaurants et des établissements publics sont tous sous-titrés.
Les bords du Mékong accueillent de vieilles demeures coloniales, héritages de la présence française dans la région jusque l’indépendance du Laos dans les années 50. Nos errances nous font pousser les portes de quelques temples bling-bling et il faut les singeries de ce petit MonKey déguisé en Monk pour réveiller notre curiosité.
En parlant des moines bouddhistes, il faut se lever à l’aube pour assister à la longue procession de ces petits hommes orange qui déambulent dans l’artère principale pour récolter les offrandes des habitants. Un évènement quotidien tellement populaire qu’il s’est transformé en attraction touristique où chacun joue des coudes pour voler une photo. Les monks devront se passer de notre obole.
Luang Prabang est également réputée pour son marché de nuit où l’artisanat des différentes ethnies qui peuplent les montagnes, s’étalent sur les trottoirs de la rue principale. Ici les tissus brodés côtoient les bijoux en argent et les bibelots faussement ancestraux (pipes à opium, pots à thé etc.)
Pour les curiosités culinaires, c’est dans une ruelle proche du marché de nuit que çà se passe. Nous y retrouvons toujours, ô surprise, Vincent et Anne-Line avec qui nous découvrons les folles nuits locales à l’Utopia, bar à l’esprit lounge, perché au dessus du Mékong. Une fois encore, les noctambules ne sont pas à la fête, puisqu’à 23H30, tout le monde se fait jeter dehors quitte à boire cul sec son cocktail commandé quelques instants plus tôt.
Le lendemain, c’est sous un déluge que nous dinons avec Jérôme et Cécile rencontrés à Vientiane puis à Vangvieng. Les bâches des stands du marché se transforment rapidement en bombes à eau prêtes à ruiner le brushing du premier touriste tête en l’air.
La pluie et l’impression de tourner quelque peu en rond nous décident à avancer notre retour vers Vientiane. Les 11 heures de route dans un bus à la lenteur exaspérante et aux amortisseurs yoyos nous permettent de profiter de nouveau de la beauté des paysages. Dans le bus, Philippe et Isabelle, québécois tour-mondistes nous font partager leurs premiers mois de voyage au Népal et en Chine, ainsi que leur passion pour les danses sportives, le tout avec un humour aussi poilant que leur accent. Karine se voit déjà en robe fendue ultra glamour et moi en pantalon moulant et souliers vernis.
Nous faisons nos adieux au Laos le surlendemain en quittant Vientiane pour Udon Thani en Thaïlande où un vol pour Bangkok nous attend 2 jours plus tard. Un laps de temps suffisant pour profiter d’un peu de confort avant le long trajet du retour, mais aussi pour me retrouver pendant 3 heures sur le fauteuil d’un tatoueur afin de transformer le gribouillage commis 12 ans plus tôt, en tatouage assumé.
C’est donc avec un brin de masochisme que se termine ce nouvel épisode en Asie. Un voyage qui laissera des souvenirs indélébiles, avec dans le désordre : de grandes ballades cheveux au vent, des villages et ses habitants hauts en couleur et sourires, de belles rencontres et moments festifs et l’envie de repartir à la découverte d’autres pays préservés du tourisme de masse.
Cette virée aura renforcé l’idée que les voyages sont avant tout des rencontres avec à chaque fois de nouveaux décors. Un grand merci à ceux avec qui nous auront partagé des repas, bavardages et fous rires. Vous nourrissez nos envies de voyage.












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